Un robot de compagnie, pour quoi faire ?

Quand mon fils Hugo m’a demandé un robot pour Noël, cela m’a rappelé que moi aussi, enfant, je rêvais d’un robot pour ami. Aussi loin que je me souvienne, mon enfance a baigné dans l’univers des robots.

Fan de robots depuis tout petit

À six ans, j’étais fan de Goldorak. Je ne loupais pas un épisode du dessin animé, je me coiffais comme Actarus (quand mes parents avaient le dos tourné) et j’étais secrètement amoureux de Venusia. Les posters du Robot de l’Espace tapissaient les murs de ma chambre. Dans chaque épisode, j’attendais avec impatience le moment où Actarus - qui sent la menace proche - se précipite dans un couloir, se jette dans le vide-ordure, glisse sur un toboggan, revêt son costume de Chevalier de l’Espace et tombe pile poil dans le cockpit de Goldorak. Je me disais que ça serait cool d’avoir un système comme ça pour m’habiller le matin et aller sauver l’univers plutôt que de partir pour l’école !

Mes nuits étaient peuplées de rêves de moi, pilotant Goldorak, détruisant les Golgoth de Véga à coup de Fulguro-Poing et de Corno Fulgur pour bouter l’affreux Grand Stratéguerre hors de notre galaxie.

Et puis un jour, Ulysse 31 est entré dans ma vie et en a éclipsé Goldorak. J’ai fait connaissance avec Télémaque et j’ai rêvé d’avoir un Nono à moi. À celles et ceux qui ont moins de 40 ans, Nono ne doit pas évoquer grand-chose, pas plus que le générique d’Ulysse 31 car lui n’a pas connu une seconde jeunesse en devenant un hymne pour boîtes de nuit comme celui de Capitaine Flam.

Ulysse 31, c’est une relecture moderne et futuriste de l’Odyssée. Sans cette série télévisée créée par Jean Chalopin, le poème épique de Homère n’aurait sans doute pas la même portée symbolique auprès des personnes de ma génération. Une génération qui s’est passionnée pour les aventures stellaires d’un papa barbu, d’un petit garçon, de son robot et d’une fillette à la peau bleue (non, je ne parle pas de la schtroumpfette) navigant dans un vaisseau spatial dont la forme évoquait le logo de FR3, la chaîne sur laquelle passait justement la série (et non, ceci n’est pas une coïncidence).

Ulysse-31

Dans la série, il y a une interlligence artificielle qui dirige le vaisseau spatial et un seul et unique robot, le petit Nono. Il n’a pas beaucoup de tours dans son sac et sa seule fonction c’est d’être le compagnon, le confident, l’ami du jeune Télémaque ainsi que le seul personnage un peu marrant d’une série par ailleurs plutôt grave.

Mes rêves étaient peuplés de moi, arpentant l’espace infini en compagnie de Nono et cherchant à contrer les embûches que les pernicieux dieux de l’Olympe mettaient sur notre route.

Ulysse 31 et Nono sont allés rejoindre Goldorak dans le placard de mes souvenirs d’enfance quand j’ai découvert R2D2, C3PO et la saga Star Wars, mais ça, je pense vous en avoir déjà un petit peu parlé !

Un robot de compagnie pour Noël

Qu’un enfant de ma génération, bercé par ces figures emblématiques ait rêvé d’un robot de compagnie, soit. Mais quand je jette un oeil sur les séries que dévore mon fils, j’y vois surtout des chiots savants et des gamins en pyjama qui chassent les criminels à la nuit tombée. Hugo n’a pas connu Goldorak ni Ulysse 31, pas plus que Terminator (de toute façon il est encore trop jeune pour ça). Malgré mon insistance, il n’a jamais accroché à la saga Star Wars (mais persévérer je dois). Je me suis demandé pourquoi il a eu l’idée de demander un robot pour Noël. Je lui ai donc posé la question.

Le petit bonhomme m’a montré une vidéo où une espèce de machin blanc en plastoc qui ressemble à une sucette à roulettes enchante une grand-mère en l’invitant à faire du yoga, des macaronis au gratin ou du vélo. Le machin est doté d’un visage vaguement humain avec des yeux de chiot éploré. Il suit mamie dans ses déplacements comme un toutou et si elle se prend les pieds dans le tapis il alerte les secours. Le film se termine et le gamin me dit : « t’as vu, c’est génial, ça serait trop cool que le Père Noël apporte un robot comme ça à mamie ».

Le cher petit ange ! Il ne pense pas à lui mais à sa grand mère chérie qui, dans sa maison normande, se plaint si souvent de la solitude qui lui pèse, de l’escalier qui est bien raide et de ses enfants qui sont bien loin.

Passé l’étonnement initial, j’ai considéré l’idée comme intéressante.

Les robots d’aujourd’hui

Le robot de compagnie comme Nono n’existe pas encore dans la « vraie vie », mais il est présent dans la littérature, le théâtre, le cinéma et les série télé depuis des décennies. Nous sommes nourris par une image du robot distillée par les médias depuis notre plus jeune âge et c’est ce matériau qui a façonné la façon dont nous imaginons les robots.

L’industrie robotique « de compagnie » se développe depuis quelques années et existe une dizaine de spécimens sur le marché. Mais laissez-moi vous dire qu’on est encore loin, très loin, très très loin de R2D2, Nono, Wall-E ou C3PO. Quant à ceux qui craignent que l’avènement du robot de compagnie signe l’arrêt de mort de l’humanité, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles pendant quelques nuits !

Cependant, malgré leurs limites fonctionnelles, ces nouveaux robots de compagnie peuvent apporter soutien et assistance à une personne âgée isolée. C’est en tout cas ce que présente ce petit film que m’a montré Hugo.

Mais qu’est-ce qu’un robot ?

Un robot, c’est une interface. C’est une machine programmée pour interagir avec l’environnement. Le robot est équipé de capteurs qui lui permettent de percevoir des signaux extérieurs, les interpréter et réagir en conséquence. Le robot n’a pas de libre arbitre, il n’a pas de sentiments, il ne fait qu’adapter ses réactions à son environnement comme son programme le prévoit. Pour donner de l’humanité à la machine, les concepteurs l’ont doté d’une apparence rassurante : petit humanoïde, bébé phoque ou chiot. Ils lui ont aussi donné un regard doux et ils ont programmé des réactions, des mouvements qui donnent à la machine l’illusion de la vie organique.

Ces caractéristiques expliquent que l’on s’attache à un robot bien plus qu’à un smartphone. Oui, bien sûr, péter son smartphone, l’oublier dans le train ou le faire tomber dans les WC, c’est un drame difficilement surmontable. Mais vous ne souffrez pas physiquement, vous n’êtes pas ému par la perte ou la destruction d’un téléphone. La preuve, vous le jetez bien vite dès que votre opérateur vous annonce la sortie du nouveau modèle.

La relation avec un robot est bien plus intense et des experts en neuro-sciences bûchent sur le sujet depuis des années. Ils veulent comprendre pourquoi nous nous attachons tant à des robots même si nous connaissons leur nature profonde de machine.

Le sujet est également éthique et nombre de têtes bien faites se demandent quelle place nous devons faire aux robots sans renoncer à notre humanité sans dégrader la qualité des rapports sociaux entre êtres humains. Ce que j’ai pu constater en m’intéressant à ce sujet c’est que dans ce domaine comme dans tout ce qui a trait à la technologie, les passions ont bien souvent raison de la raison.

Un robot de compagnie pour qui ?

Il est aisé de penser à la place d’un parent âgé en imaginant ce qu’une solution pourrait ou ne pourrait pas faire pour illuminer son quotidien. Ma belle-mère n’est pas du genre à s’en laisser conter ! Je me serais donc bien gardé de porter un jugement sur les robots du marché et leur intérêt pour Jacqueline. Si une personne doit décider de s’équiper d’un robot de compagnie, c’est à elle, et elle seule de trancher. Qui suis-je pour le faire à sa place ?

On a beau bien s’entendre, je sais que ni moi, ni Catherine ni même Julie ne pourrions convaincre Jacqueline de s’équiper d’un robot de compagnie. La première (et dernière) fois que nous avons essayé d’introduire la technologie dans son quotidien, nous avons frisé le psychodrame familial. Ma belle mère s’étant cassé le poignet en tombant dans l’escalier de sa maison, Catherine et Julie ont tenté de lui faire porter un bracelet d’alarme. Vous savez, ce système qu’on porte au poignet et qui vous permet d’appeler les secours quand vous vous cassez la figure, que le téléphone est loin et qu’il n’y a personne pour vous relever !

La vérité sort de la bouche des petits-enfants

Vous auriez vu la tête de Jacqueline quand elle a réalisé que ses filles lui proposaient de s’équiper d’un « truc pour vieux » ! Elle s’est ensuite murée dans un silence grognon et nous n’avons plus osé aborder, de près ou de loin, le sujet de la prévention des chutes. C’est pourquoi, j’ai proposé à Hugo de partager son idée avec sa grand-mère en lui brossant un portrait enthousiaste du petit robot de compagnie.

N’allez pas me taxer de lâcheté, bien au contraire, je suis persuadé que les petits-enfants sont les meilleurs ambassadeurs auprès de leurs grands-parents. Ils savent présenter les choses sous le meilleur jour et la relation qu’ils entretiennent avec leurs aînés n’est pas biaisée par le conflit parent-enfant qui complique souvent le dialogue entre une mère et ses filles.

J’ai été inspiré car, la proposition du petit bonhomme a retenu l’attention de sa grand-mère. Ce n’est pas cette année que nous mettrons un robot compagnon au pied du sapin (de toute façon, nous lui avons déjà acheté un appareil à raclette), mais l’idée fait son chemin.

Comment bien choisir son robot de compagnie ?

Vous l'aurez compris, à la question de savoir quel robot de compagnie choisir, il n'y a pas de réponse parfaite. En effet, tout dépend des besoins de la personne, mais aussi de ses habitudes de vie et de son rapport à la technologie. Prenez le temps de consulter ces quelques conseils avisés pour en savoir plus.

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Laurent

Enfant, il rêvait d’adopter R2-D2. Père, mari et gendre préféré de sa belle-mère, il aime les bières artisanales et parle couramment l’elfique 🧝.